Miroir de la culture en Flandre et aux Pays-Bas

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À Boulogne-sur-Mer, la bataille qui n’a pas eu lieu
© Nicolas Montard
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Ces lieux de guerre qui ont fait notre histoire
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À Boulogne-sur-Mer, la bataille qui n’a pas eu lieu

Les plats pays explorent les champs de bataille du Nord et du Pas-de-Calais et s’arrêtent cette fois-ci à un champ de bataille un peu particulier, car aucun affrontement n’y a eu lieu. Pourtant, il en reste des traces.

À 50 mètres de haut, la vue est vertigineuse. Au sud, la vallonnée Boulogne-sur-Mer se dévoile. Sur la route qui passe au pied et file vers la campagne onduleuse, des cyclistes paraissent minuscules. Devant, plein ouest, c’est la Manche éclatante dans laquelle se reflètent les rayons du soleil. Par temps clair, les falaises anglaises s’ajoutent au passage de carte postale.

Nous sommes sur la colonne de la Grande Armée, à Wimille, à la sortie de Boulogne-sur-Mer. Construit en marbre boulonnais, inspiré de la colonne Trajan, le seul monument national du Pas-de-Calais (c’est-à-dire propriété de l’État), surmonté d’une statue de Napoléon, témoigne d’une grande bataille qui… n’a pas eu lieu. Celle d’Angleterre.

Retour au début du dix-neuvième siècle: Napoléon Bonaparte décide d’envahir l’Angleterre. Entre 1803 et 1805, il déploie une impressionnante armada dans le Boulonnais qui se transforme en base militaire et navale. Entre Le Portel et le Cap Gris-Nez, partie de la France continentale la plus proche des côtes anglaises, mille bateaux y mouillent. Au plus fort des manœuvres, 120 000 hommes stationnent dans le secteur!

Les hommes ont du travail: il faut transformer ou réarmer des forts comme celui de l’Heurt au Portel ou celui d’Ambleteuse. Creuser des ports et des bassins, comme à Wimereux. Mais surtout réaménager et développer celui de Boulogne-sur-Mer, tout en déviant le cours de la Liane. On imagine sans peine la frénésie locale. De grands travaux… pour presque rien. En 1804, les affaires appellent Bonaparte à l’est et la Grande Armée se met en marche pour Austerlitz. L’Empereur n’envahira jamais l’Angleterre.

Mais le territoire boulonnais en reste marqué. Avec donc cette colonne… édifiée par la suite pour commémorer la première remise de Légion d’honneur du 16 août 1804 dans le vallon de Terlinchtun. 2 000 médailles devant 100 000 hommes! Si la statue de Napoléon tourne le dos à l’Angleterre, ce n’est pas par dépit, comme vous le confieront sur le ton de la confidence quelques Boulonnais. C’est juste une question de perspective par rapport au parc édifié à ses pieds. Il reste aussi quelques installations militaires. Le fort d’Ambleteuse, battu par les vagues, se visite: il accueille un petit musée à la fois historique et naturaliste. Celui du Portel, plus éloigné du rivage, tombe en ruines, mais contribue au charme du bord de mer de la cité.

Autres traces de Napoléon: une stèle commémorant le bicentenaire de la remise de la Légion, allée de la Légion d’honneur; l’hôtel Desandrouin, rebaptisé Palais impérial dans la vieille ville, où l’empereur a dormi à plusieurs reprises; le château de Pont-de-Briques à Saint-Léonard, dont il avait fait son quartier général.

Le musée de Boulogne-sur-Mer abrite aussi quelques pièces liées à cette bataille qui n’a jamais eu lieu: le bicorne de Napoléon, oublié par celui-ci lors d'un de ses séjours, une bague en diamant, les maquettes de la colonne de la Grande Armée. Enfin, la Poudrière, au niveau du calvaire des marins, est aussi un vestige de la frénésie de construction napoléonienne. L’armée pouvait stocker jusqu’à 12 tonnes de poudre à canon. L’occasion d’une autre vue magnifique sur Boulogne-sur-Mer et la Manche.

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