Miroir de la culture en Flandre et aux Pays-Bas

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«Au jardin de la Porte Peinte»: un poème de Gerry van der Linden
© Emma Hellowell
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Trésors cachés
Littérature

«Au jardin de la Porte Peinte»: un poème de Gerry van der Linden

À quelques reprises, la poétesse Gerry van der Linden a eu l’occasion de séjourner à La Porte Peinte, une résidence d’artistes sise à Noyers-sur-Serein. Ce fut encore le cas en août 2020 où elle a travaillé à un nouveau recueil qui paraîtra en 2021 aux éditions Nieuw Amsterdam.

Dans le magnifique village de l’Yonne, elle a reçu, durant quelques jours, la visite de l’un de ses frères. Chaque fin d’après-midi, tous deux se retrouvaient dans le jardin de la résidence pour prendre l’apéritif. «Je ne te dérange pas?» lui demanda son frère le 27 août alors que les doigts de la Néerlandaise pianotaient sur le clavier de l’ordinateur portable et que le verre de crémant tanguait sur la table…

«Au jardin de la Porte Peinte» figurera dans le nouveau recueil de Gerry van der Linden, Niemand blijft het langst (éditions Nieuw Amsterdam, septembre 2021).

En juin 2019, la revue Septentrion a porté son attention sur Gerry van der Linden à l’occasion de la parution en français, aux éditions Caractères, de son recueil Fauves des villes suivi de Un croque avec Brodsky. L’autrice fait partie des invités du Marché de la Poésie à Paris qui devrait avoir lieu en octobre.

Au jardin de la Porte Peinte

Noyers-sur-Serein, 27 août 2020

Moi et mon frère dans le jardin d’abondance
nous savons que ce n’est là qu’apparence
il y a des bruits d’oiseaux
il y a des bruits de voitures qui s’en reviennent
de leur virée par les collines où l’horizon
les a attendues en des nuages bleus en des champs
de tournesols grillés

nous savons que le sol n’a rien à cacher
si ce n’est que la terre est lasse
que ce misérable été l’a cuite et recuite
de l’eau nous en avons encore une tempête a pesté
vite effacée

depuis des jours je m’attends moi-même pour prendre
le volant histoire de faire le plein à la sortie
du village jaune pâle où restent clos
les volets des maisons qui n’abritent rien si
ce n’est un été regorgeant de sécheresse

les chevaux galopent vers l’horizon
à présent qu’il s’est décalé
les villageois ne lèvent pas de main devant le soleil
quand l’alimentation approche des magasins
dans des camions de bruit de règles et d’horaires stricts
qui font écho aux pavés

mon frère et moi dans le jardin d’abondance
estomac affamé viande marinée
dans le réfrigérateur nous ne levons pas de main devant le soleil
assis dans notre propre ombre
à attendre que cet été suffoque
pour appuyer les chaises contre la table
deux pieds en l’air

il y a quelqu’un qui dispose à sa façon
les chaises une fois que nous sommes partis
il y avait une toux
qui ressemblait à une contamination, mais nous ne toussons pas
nous attendons une bouée de sauvetage
qui nous montrerait le chemin de l’eau courante
des oiseaux

notre solitude est imprégnée de celle
de tout un chacun heureusement nous ne mangeons
ni ne dormons sans rêver et nous nous lavons
la figure dans l’obscurité
fermons la nuit derrière nous.

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