Miroir de la culture en Flandre et aux Pays-Bas

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Bouvines, là où est né un sentiment national français
© Nicolas Montard
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Ces lieux de guerre qui ont fait notre histoire
Les Pays-Bas français

Bouvines, là où est né un sentiment national français

Nouveau champ de bataille pour notre série sur les lieux de guerre dans le Nord et le Pas-de-Calais. Nous prenons cette fois-ci la direction de Bouvines à quelques kilomètres de l’actuelle frontière franco-belge, où en 1214, le roi de France a remporté un affrontement décisif.

Elle se niche discrètement à la sortie de la ville, en bordure de la départementale 90, bordée de champs. Une poignée de grands arbres lui donnent de l’ombre… et son nom: la chapelle aux arbres. Une légende locale raconte qu’une partie des soldats tués lors de l’affrontement reposeraient à ses pieds… Une autre dit que Philippe Auguste aurait été ici désarçonné par l’ennemi avant de retourner brillamment la situation…

Bouvines, une bataille fondatrice pour la nation française, estime-t-on plus de huit cents ans plus tard. Pour comprendre son importance, il faut revenir sur le contexte. En 1214, Jean sans Terre, au pouvoir en Angleterre depuis une quinzaine d’années, veut récupérer les territoires du continent perdus: duché de Normandie, comtés du Maine, du Poitou et d’Anjou. Il réussit à mener une coalition avec son demi-frère, Guillaume de Salisbury et surtout son neveu, Otton IV, empereur de Germanie. Le comte de Boulogne, Renaud de Dammartin et le comte de Flandre, Ferrand de Portugal, lequel veut en profiter pour se libérer de la tutelle française, sont aussi de la partie.

Le roi de France, Philippe Auguste, n’a pas franchement l’intention de se laisser faire. Il lève des milices communales du nord de la France pour se rendre dans le comté de Flandre. La confrontation aura lieu à Bouvines, entre Lille et Tournai, le dimanche 27 juillet 1214: Otton avait décidé de lancer la bataille sur l’arrière-garde française, alors qu’il était traditionnellement interdit par l’Église de se battre le dimanche.

L’estimation des forces en présence reste floue: 8 000 de chaque côté, entre cavaliers et fantassins? En tout cas, ils sont répartis sur trois fronts différents. Sur celui du centre, Philippe Auguste affronte l’empereur Otton. Les chroniques racontent que le roi de France tombe de cheval et ne doit son salut qu’à ses chevaliers… De quoi lui donner l’énergie pour mener la contre-attaque et faire tourner la bataille en sa faveur. Les ennemis sont en déroute, le royaume de France a gagné.

Bouvines peut alors s’inscrire dans les mémoires. Après 1214, le royaume n’en finit plus de grandir. Le roi, lui, bénéficie de l’aura d’avoir su remporter une bataille mal engagée, qui plus est avec des milices communales. Un discours idéal… au dix-neuvième siècle, quand la Troisième République (instaurée en 1870) se cherche des actes fondateurs et des héros.

Bouvines symbolise ainsi la naissance d’un sentiment national. Dans cette deuxième moitié du dix-neuvième, le modeste bourg commence à se parer de ses atours. Un obélisque, qui trône toujours à côté d’un monument aux morts en mémoire aux tués de 1914 et… 1214. Une église néogothique aussi, dont les vingt et un vitraux, réalisés par Emmanuel Champigneulle, représentent le déroulé de la bataille. À dix-sept kilomètres de là, la médiathèque de Mons-en-Pévèle où a eu lieu une autre fameuse bataille en 1304, abrite un petit espace qui revient sur ces deux affrontements.

Médiathèque de Mons-en-Pévèle (ouverte les mercredi, samedi et dimanche après-midi)
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