Publications
«Enfin découvrir la vérité historique»
© J. Van De Vijver - «AfricaMuseum».
© J. Van De Vijver - «AfricaMuseum». © J. Van De Vijver - «AfricaMuseum».
Pour les abonnés
Série: Le passé colonial
société
histoire

«Enfin découvrir la vérité historique»

La Belgique face à son passé colonial

Depuis plusieurs décennies, le passé colonial de la Belgique suscite débats et polémiques, qui envahissent même l'espace public, au sens littéral du terme. Cet essai livre quelques réflexions qui tentent d'éclairer l'origine et la portée du malaise entourant le passé colonial belge.

La Belgique n'est évidemment pas le seul pays à avoir colonisé. Les controverses autour du passé colonial comportent donc deux dimensions. L'une se rapporte à la colonisation en général; la seconde a trait aux aspects spécifiquement belges.

Penchons-nous d'abord sur les aspects généraux. Après une première expansion au XVIe siècle, la colonisation reprend vigueur à partir du milieu du XIXe siècle. Dès cette époque, les pays colonisateurs présentent leur domination outre-mer comme un véritable bienfait. Selon eux, la colonisation répand la "civilisation" et le "progrès" sur la planète entière. Mines et plantations; écoles et centres de formation; dispensaires et hôpitaux; routes et chemins de fer; églises et chapelles remplacent la sauvagerie, l'esclavage, la misère, la famine, l'ignorance et la superstition, tout cela pour le plus grand bonheur des populations colonisées. Voilà grosso modo l'image véhiculée pendant l'époque coloniale par la propagande officielle.

Au fil des décennies, la recherche historique a évidemment mis en pièces cette représentation apologétique. Pour le dire crûment, la colonisation est, avant tout, le viol d'une société par une autre. Elle est, par essence, exercice de violence et d'oppression. Elle est en effet fondée sur la domination d'un groupe restreint d'étrangers sur une vaste population autochtone, soumise de force (dans le cas des colonies "de peuplement", la population européenne est évidemment plus nombreuse). La colonisation s'exprime en outre par l'appropriation de richesses autochtones par les nouveaux maîtres; elle génère des profits qui sont partiellement détournés des régions où ils ont été produits; elle charrie d'innombrables violations des droits de l'être humain, notamment sur base de préjugés raciaux.

Poursuivre la lecture de cet article?

Cet article est payant. Achetez l’article, ou souscrivez un abonnement donnant accès à tous les articles repris dans les plats pays.

€5/mois

S’inscrire

S’enregistrer ou s’inscrire pour lire ou acheter un article.

Important à savoir


Lorsque vous achetez un abonnement, vous autorisez un paiement automatique. Vous pouvez y mettre fin à tout moment en contactant philippe.vanwalleghem@onserfdeel.be