Miroir de la culture en Flandre et aux Pays-Bas

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Miroir de la culture en Flandre et aux Pays-Bas

Kenneth Berth: Ce que j’aurais voulu lui dire
© Collectie Rijksmuseum, Amsterdam / Studio Brussel
© Collectie Rijksmuseum, Amsterdam / Studio Brussel © Collectie Rijksmuseum, Amsterdam / Studio Brussel
Jeunes écrivain·es sur le travail invisible
Littérature

Kenneth Berth: Ce que j’aurais voulu lui dire

Dix-huit jeunes auteurs et autrices ont donné vie à des objets du XIXe siècle provenant du Rijksmuseum. Ils et elles se sont inspiré·es de la question suivante: que voyez-vous lorsque vous regardez ces objets en portant attention au travail invisible? Kenneth Berth a écrit une histoire audio en s’inspirant du tableau La Leçon de musique de Louis Moritz, peint en 1808. «Je vous avertis: veuillez consulter tout de suite votre iPhone!»

«Ce que j’aurais voulu lui dire»

«Je suis des nouilles japonaises et un produit d’entretien italien. Je suis un mug de café imprimé. Le motif qui décore un parapluie. Je vous avertis: veuillez consulter tout de suite votre iPhone!»

Voilà ce que j’aurais voulu lui dire.

Je suis des nouilles japonaises et un produit d’entretien italien. Je suis un mug de café imprimé. Le motif qui décore un parapluie. Je vous avertis: veuillez consulter tout de suite votre iPhone!

J’aimerais qu’il le sache.

Je suis à tout le monde. On m’apprécie. J’y suis arrivée. Je suis devenue ce qu’il voulait que je sois. Je suis fière de moi. Et je ne me livre pas comme ça, j’ai du style, je ne suis pas prude, juste inaccessible. Je me fais désirer. Une forteresse imprenable. Je mène tout le monde par le bout du nez, ils tentent leur chance pendant des années, mais toujours en vain.

J’aurais pu en rire avec lui.

C’est peut-être la pression? Je la ressens chez tout le monde, cette pression inexorable. Y compris chez lui. Surtout chez lui. Je l’ai vu se détruire. L’alcool, le carburant de tous les artistes, l’idéal romantique –mais romantique, ça ne l’était pas beaucoup. Tout est ma faute. Ce n’est pas volontaire, mais je le fais subir à tous ceux que je rencontre. À chaque note, il dépérissait davantage. Il enflait et enflait, jusqu’au point de non-retour. Son corps a pris lui-même la décision d’arrêter. Moi, j’ai continué pour toujours, pour toujours.

J’aimerais qu’il puisse m’entendre.

Je chuchoterais tout doucement, des mots doux, tu es fantastique et soudain, je m’égosillerais. ha ha
surprise!

Cependant, ça n’arrivera jamais. Je suis là pour tous, je travaille dur, je laisserai pénétrer mes voies impénétrables. Mais pour lui, je n’étais qu’une chimère. Une ombre. Une abstraction. Une vibration physique. Et je veux être plus, le reste ne suffit pas.

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