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L'Évolution des forces politiques dans le Nord-Pas-de-Calais
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L'Évolution des forces politiques dans le Nord-Pas-de-Calais

Ces dernières années, le paysage politique de l’ancienne région Nord-Pas-de-Calais a radicalement changé. Le politologue Rémi Lefebvre montre ce paysage tel qu’il apparaît aujourd’hui et les causes de son évolution profonde.

De profonds changements politiques ont affecté ces dernières années les départements du Nord et du Pas-de-Calais qui formaient jusqu’en 2015 la région du même nom (avec la fusion de la région Picardie sont nés Les Hauts de France en 2015). Zone de force historique de la gauche et tout particulièrement du PS, le Nord et le Pas-de-Calais ont été marqués par une véritable recomposition politique. Lorsqu'en 2012 François Hollande devient le deuxième président de la République socialiste de la Cinquième République, le PS domine largement la vie politique locale et gère la plupart des collectivités territoriales. Le parti dispose d'une large majorité parlementaire dans la région et dirige les deux départements, la région et les principales villes. 5 ans plus tard, le parti de gouvernement est dévasté dans ses profondeurs territoriales après plusieurs débâcles aux élections locales, le FN s'est implanté et sa leader nationale Marine Le Pen a été élue députée à Hénin-Beaumont pour la première fois, la droite a gagné des positions électorales mais reste très fragile et le mouvement En Marche s'est installé dans le paysage politique local.

L'effondrement de la gauche

Le Nord et le Pas-de-Calais, terres populaires et marquées par l'héritage industriel et du mouvement ouvrier, constituent historiquement des bastions socialistes. Si le PS a participé à la dynamique qui a porté François Hollande au pouvoir en 2012, il pâtit fortement de son impopularité et du trouble que provoque sa politique économique, centrée sur la compétitivité des entreprises et éloignée de ses engagements électoraux. Le PS dans la région s'appuie largement sur ses élus locaux, notables enracinés, cumulant les mandats et proches de la population. Cette implantation électorale est décimée par les revers électoraux subis par le parti aux élections intermédiaires successives (élections municipales, départementales, régionales), le Pas-de-Calais résistant mieux que le Nord. Les élections municipales de 2014 sont un désastre dans le Nord (le PS ne perd que trois villes de plus de 5000 habitants dans le Pas-de-Calais). De grandes villes sont perdues, acquises de longue date et qui apparaissaient inexpugnables : Roubaix, Tourcoing, Maubeuge, Dunkerque... Martine Aubry est réélue à Lille mais perd la présidence de la Communauté urbaine de Lille au bénéfice de Damien Castelain (un maire rural apolitique). Les élections départementales (mars 2015) affaiblissent encore un peu plus cet ancrage local, là encore plus nettement dans le Nord que dans le Pas-de-Calais. Le PS perd le département du Nord qu'il dirigeait traditionnellement. Il passe de 39 à 16 sièges, essentiellement obtenus dans la métropole lilloise. L'électorat de gauche s'est largement démobilisé pour sanctionner le gouvernement (53,5% d'abstentions) alors que l'électorat de droite est au rendez-vous. Le PS du Pas-de-Calais conserve le département (son nombre de sièges passe de 44 à 34), le Parti communiste accusant une plus lourde défaite (de 11 à 4 sièges).

Mais ce sont surtout les élections régionales de décembre 2015 qui ébranlent le PS. François Hollande rend son dernier arbitrage en juin 2014. Sa décision de fusionner les régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie suscite de nombreuses critiques au sein même des rangs socialistes, la plupart des dirigeants socialistes locaux marquant leur réprobation. Les élections régionales de 2015 constituent un modèle d’élections intermédiaires de mi-mandat dans un contexte de forte impopularité gouvernementale. Elles sont marquées par la défiance à l'égard de l'exécutif et la faible mobilisation de l'électorat de gauche (phénomène de l'abstentionnisme différentiel). Le PS, très divisé, a par ailleurs fait le choix d'une tête de liste peu connue et contestée, Pierre de Saintignon, vice-président de la région Nord-Pas-de-Calais en charge du développement économique, premier adjoint au maire de Lille, proche de Martine Aubry, réputé « homme de dossier » qui a une visibilité essentiellement lilloise. Les socialistes, les radicaux de gauche et le Mouvement des citoyens, les écologistes et le Parti de gauche, les communistes se présentent au final

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