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Le moment venu
© Michiel Hendryckx / Creative Commons
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Le poème du mois
Littérature

Le moment venu

Poète, professeure et traductrice de russe, Miriam Van hee (°1952) a fait ses débuts en poésie en 1978. Plusieurs de ses poèmes écrits entre 1978 et 1996 ont été traduits en français dans le recueil Le lien entre les jours (2000). A l'occasion de cette parution, le Magazine littéraire a qualifié Van hee de «révélation poétique de ces dernières années». Le présent poème est extrait du recueil Ook daar valt het licht paru aux éditions De Bezig Bij en 2013.

Le moment venu

ce serait beau, le moment venu
d’en avoir le désir, de sortir
dans le matin et si jamais nous
avions la force de nous risquer dans le bois
pour chercher un endroit où nous étions
jadis venus, couchés sur un rocher, nos regards
dominant un coude de la rivière
quelque chose allait survenir, un animal
nous apparaîtrait, que nul ne nous dérange
le moment venu, quand nous aurons enfin
résolu nos problèmes et serons libérés,
écoutons, entendons-nous déjà le murmure
de l’eau, ne connaissions-nous pas un peu le monde
nous avions attendu la neige, attendu le
train, nous avions été en retenue, nous
avions grimpé, nous nous étions perdus
on nous avait trouvés, donc, le moment
venu, prenons les sentiers battants
plutôt que les battus, sans nous retourner, toujours
il y aura quelque chose de connu, la terre meuble
qui s’enfonce sous les pins, c’est ce que nous aimions

Eens zover

het ware mooi, als het eens zover is
om ernaar te verlangen, naar buiten
te gaan in de ochtend en mochten wij
sterk genoeg zijn om het bos in te durven
op zoek naar een plek waar wij vroeger
al waren, wij lagen er toen op een rots
uit te kijken over een bocht in de rivier
iets stond te gebeuren, een dier zou zich
aan ons vertonen, laat niemand ons storen
als het eens zover is en wij onze problemen
dan eindelijk opgelost hebben en vrij zijn,
laten wij luisteren of wij het water al horen
ruisen, wij wisten toch iets van de wereld
wij hadden gewacht op de sneeuw, op de
trein, wij waren nagebleven op school, wij
hadden geklommen, we waren verdwaald
we werden gevonden, dus, als het eens
zover is, laten wij de onzekere weg voor
de zekere nemen, niet omzien, er zal altijd
iets zijn wat we herkennen, de meegaande
grond onder de dennen, daar hielden we van

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