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Les Belges votent
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Les Belges votent

Score sans précédent pour les Verts grâce au problème climatique? Retour possible de l’extrême droite en Flandre? Une Flandre majoritairement de droite face à une Wallonie de gauche? Autant de questions auxquelles devrait répondre le scrutin du dimanche 26 mai, où les Belges éliront leurs représentants aux parlement fédéral (donc national), aux parlements régionaux et au parlement européen.

Le 14 octobre 2018 ont eu lieu en Belgique des élections communales et provinciales. Les citoyens sont à présent appelés aux urnes pour des scrutins au niveau fédéral, à l’échelon de la Région (Flandre, Wallonie, Bruxelles Région-Capitale) et au niveau européen. On voit combien le système belge est compartimenté. Cela ne facilite certainement pas les choses pour l’électeur. Les arbres ne lui cachent-ils pas la forêt? En principe, la campagne électorale a pu lui fournir des indications.

Un contenu pimenté

Pendant cette campagne, deux choses ont frappé. Le scrutin européen y avait peu (trop peu) de place. En second lieu, il y a eu dans les faits deux campagnes parallèles: une en Flandre, une autre en Belgique francophone.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la campagne n’a pas été spectaculaire. Néanmoins, par moments, elle a porté sur des objets déterminés: les différents modèles sociétaux, diverses précisions à apporter sur le plan socioéconomique en termes d’évolution future de la société, l’âge de l’admission à la retraite, le climat, l’enseignement, la sécurité, le bien-être, le thème de la migration, l’accueil de l’enfant, la facture énergétique, la pauvreté, les impôts, la fiscalité …

Des milliards de déficit

Comment les partis trouveront-ils les moyens financiers nécessaires pour concrétiser leur programme? Sur bon nombre de points, c’est la grande inconnue. Ce qui est sûr, c’est que le prochain gouvernement fédéral devra démarrer avec une ardoise de pas mal de milliards.

«Deux démocraties».

Le parti nationaliste flamand N-VA devient-il incontournable en Flandre? Il est clair, en tout cas, qu’il doit y aller à fond. Le ‘retour’ du parti d’extrême droite Vlaams Belang suscite l’inquiétude. Chaque voix compte. L’objectif reste de ne pas tomber (pas trop loin) sous les 30%. Un grand atout de la N-VA du président Bart De Wever est l’engouement qu’il suscite dans la province d’Anvers, celle qui a droit au plus grand nombre de sièges.

Mais on peut se demander si le parti a encore en Flandre et, bien sûr, en Belgique francophone, suffisamment d’amis politiques pour former un gouvernement. À Bruxelles et en Wallonie, la gauche se porte bien avec les socialistes du PS, l’extrême gauche PTB et les verts d’Écolo. Le résultat du scrutin ne manquera sans doute pas de confirmer qu’il y a en Belgique “deux démocraties”.

Crevits vs De Wever

Les chrétiens-démocrates du CD&V resteront-ils la deuxième plus grande famille en Flandre? Le parti confirmera-t-il le bon résultat obtenu aux élections du 14 octobre 2018? Le CD&V possède en Hilde Crevits un atout supplémentaire.

Elle brigue en effet le poste de ministre-présidente de Flandre, affrontant directement Bart De Wever. L’homologue démocrate-chrétien du parti en Belgique francophone, le CdH, demeurera quant à lui un petit frère en termes de suffrages.

Les sociaux-démocrates veulent se maintenir

Les sociaux-démocrates flamands (Sp.a), emmenés par John Crombez, ont quelque peu progressé dans les sondages ces derniers temps, redressant une situation qui semblait sérieusement compromise.

Se maintenir sera sans aucun doute l’objectif du parti socialiste flamand. Son homologue francophone, le PS, revient au combat électoral après avoir connu une période de flottement. Malgré la concurrence, entre autres, du PTB et d’Ecolo, il semble s’être repris juste à temps pour avoir de nouveau ses chances.

Rêve bleu

Gwendolyn Rutten, présidente du parti libéral flamand Open VLD, avait tout lieu d’être satisfaite à l’issue des élections de 2018, qui l’autorisent en tout cas à rêver d’un bon score ce 26 mai. Son compagnon de route libéral francophone, dont certains sondages ont laissé entrevoir qu’il serait durement sanctionné pour sa participation au gouvernement, semble depuis quelque temps en légère remontée dans les intentions de vote.

Progression verte

Groen (Les Verts) a en ce moment le vent en poupe. Le thème du climat n’y est évidemment pas étranger. Il n’y aurait rien d’étonnant à ce que le parti flamand voie son score doubler. Ensemble, Groen et son allié francophone Écolo espèrent devenir la fraction la plus importante à l’échelon fédéral. Les deux partis ont d’ailleurs des points de vue communs sur bien des plans.

Les autres

En 2014, Vlaams Belang se trouvait dans le camp des perdants. Son heure de gloire semblait passée. Mais l’inversion de tendance amorcée en octobre 2018 lui fait espérer à nouveau un score à deux chiffres.

Pour le parti flamand d’extrême gauche PVDA, la question est de savoir s’il va atteindre le seuil électoral de 5 %. Le parti ami francophone PTB (Parti du Travail de Belgique) peut se montrer plus optimiste.

Pas de nouveau record mondial!

Que les cartes soient ou non rebattues fondamentalement ce 26 mai, ce sera aux partis politiques de jouer. Avec la perspective de la formation d’une coalition. Au niveau fédéral, ce ne sera pas une mince affaire. Des deux côtés, les vainqueurs prôneront certainement des associations de couleurs différentes. Pourvu que la formation de l’équipe n’atteigne pas un nouveau record mondial de durée!

Version courte de l’article publié sur le site www.the-low-countries.com

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