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Un vidéopoème : «Devant le cercueil municipal de madame P.» de Menno Wigman
Série: Poésie vivante

Un vidéopoème : «Devant le cercueil municipal de madame P.» de Menno Wigman

Ons Erfdeel vzw et Poëziecentrum (Gand) ont lancé un appel aux jeunes fans de poésie des Plats Pays pour qu'ils leur envoient des poèmes en néerlandais qu'ils aimeraient voir mis en images. Kobe Fleerackers (° 1993, Anvers) a réalisé un vidéopoème d'après Bij de gemeentekist van mevrouw P. (Devant le cercueil municipal de madame P.), un poème de Menno Wigman (1984-2018). Bij de gemeentekist van mevrouw P. est extrait de Dit is mijn dag, recueil paru aux éditions Prometheus d'Amsterdam en 2014.

Devant le cercueil municipal de madame P.

Dort-elle? Elle dort. Après avoir peigné ses cheveux
trois-cent-soixante-cinq fois par an pendant
quatre-vingt-trois ans, avoir parcouru la ville
dans je ne sais combien de chaussures,
toujours sans arrêt ces lacets, fourchettes, cuillères,
ces gens, et quels gens, où donc, elle dort.

Elle dort et moi, morbide comme je suis, je pense
à son peigne, ses ciseaux à ongles et son crayon à sourcils,
comment tout, crème de nuit, carte bancaire, époque,
est jeté, effacé de la mémoire. Et ceci,
est-ce que ce remorquage honteux est un enterrement?
Comme si on perdait sans le voir une pièce de monnaie,

oubliait le journal dans l’ennui d’une gare. Par exemple.
Appelez cela tragédie, appelez cela rythme, le temps,
ce sale carnivore, se charge toujours d’une fin
qui pue. Mais elle dort maintenant, elle dort.
Aussi, bordez-là et prenez soin que ses pieds fatigués
n’aient plus jamais à courir les rues.

Bij de gemeentekist van mevrouw P.

Slaapt ze? Ze slaapt. Na drieëntachtig jaar,
driehonderdvijfenzestig keer per jaar,
haar haar gekamd te hebben, op ik weet niet hoeveel
schoenen door de stad te zijn gelopen,
steeds maar weer die veters, vorken, lepels,
mensen, wat voor mensen, waar dan, slaapt ze.

Ze slaapt en ik, morbide als ik ben, denk aan
haar kam, haar nagelschaar en wenkbrauwstift,
hoe alles, nachtcrème, bankpas, tijdsgewricht,
wordt weggeworpen, uitgewist. En dit,
is dit beschaamde slepen een begrafenis?
Alsof je ongemerkt een munt verliest,

op een verveeld station je krant vergeet. Zoiets.
Noem het tragiek, noem het ritme, de tijd,
die vuile carnivoor, zorgt steevast voor een eind
dat stinkt. Maar ze slaapt nu, ze slaapt.
Dus dek haar toe en zorg dat haar vermoeide voeten
nooit meer de straat op hoeven.

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