Miroir de la culture en Flandre et aux Pays-Bas

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Miroir de la culture en Flandre et aux Pays-Bas

Populisme, activisme et terrorisme en France et dans le monde francophone
© W. Versteeg.
© W. Versteeg. © W. Versteeg.

Populisme, activisme et terrorisme en France et dans le monde francophone

Le 20 septembre 2019, le KFN (Kenniscentrum Frankrijk-Nederland - Centre de Connaissances France Pays-Bas) a organisé sa conférence annuelle sur le thème «le populisme, l’activisme et le terrorisme en France et dans le monde francophone». Tessa van Wijk, étudiante en langue française, était présente.

Basé à l’université Radboud de Nimègue, le Centre de Connaissances France-Pays-Bas réunit des personnes qui s’occupent professionnellement de la langue française ou du monde francophone. Ainsi, il espère créer des relations de coopération interdisciplinaire dans la communauté universitaire et avec des partenaires sociaux et assurer la diffusion des connaissances existantes.

La conférence a été ouverte par Margot van Mulken, doyenne de la faculté des Lettres de l’université Radboud. Puis, Alicia Montoya, directrice du KFN, a brièvement présenté le thème de la conférence.

La première session, intitulée Perspectives historiques sur le terrorisme, était divisée en deux présentations.

Dans la première présentation, Juliette Reboul (université Radboud), a abordé «Les massacres de septembre à Charlie Hebdo: petite histoire comparative du terrorisme en France». Elle a questionné la validité des comparaisons faites entre le régime de 1793 et le terrorisme djihadiste contemporain. Bien qu’elle pense qu’il n’y ait pas de filiation philosophique entre les deux mouvements, elle a démontré, en se référant au concept du sublime, qu’une comparaison peut être faite sur le plan esthétique.

Dans la deuxième présentation, Le Tribunal Triparti: anticolonialisme, droits humains et terrorisme chez Camus, Daoud et Vergès, Alessandra Benedicty-Kokken (université d’Utrecht) a présenté la problématique du colonialisme dans la littérature. Elle a parlé de L’Étranger de Camus et de Meursault, contre-enquête de Daoud. Elle a montré comment pendant des décennies on a fait une seule lecture philosophique de L’Étranger et a appelé le lecteur à lire ce roman également comme une tragédie du colonialisme et non seulement comme une crise existentielle. Mme Benedicty-Kokken a conclu sa présentation avec un plaidoyer pour la compréhension mutuelle.

La session de l’après-midi, Le populisme et l’activisme dans la France d’aujourd’hui, comprenait également deux contributions.

D’abord, la présentation Au nom du peuple. Une explication des interprétations populistes de la culture et de l’identité nationale a traité du rôle de la culture dans les discours populistes. Judith Jansma (université de Groningue) a commencé par expliquer que la culture peut unir, mais qu’elle permet aussi de faire une distinction entre «ils» et «nous»: un mécanisme fréquemment rencontré chez les populistes.

Les relations entre les Pays-Bas et la France se sont améliorées depuis l’entrée en fonction d’ Emmanuel Macron.

Selon Mme Jansma, le populisme crée des dichotomies verticales (entre le peuple et l’élite) et horizontales (entre le peuple et les outsiders). À l’aide d’exemples concrets tels que le débat autour de la laïcité et le roman Soumission de Michel Houellebecq, elle a montré comment le parti de Marine Le Pen fait de la culture un instrument politique.

Puis, dans Œil pour œil: une immersion visuelle dans une année violente, Wilco Versteeg (université Radboud) a analysé le mouvement des gilets jaunes à l’aide de photos prises à Paris. Commençant par la question Qui sont les gilets jaunes?, M. Versteeg a clairement mis l’accent sur la complexité et la diversité du mouvement et son caractère parfois paradoxal. Pour lui, les gilets jaunes sont en premier lieu des personnes qui veulent provoquer des changements et qui, ne disposant pas d’autres moyens pour se faire entendre publiquement, ont parfois recours à la violence.

La session finale de la conférence était organisée en coopération avec le ministère néerlandais des Affaires Étrangères.

Cette session a commencé avec une présentation intitulée Le populisme, l’activisme et le terrorisme dans la politique. Taco Stoppels et Marten Lammertink (ministère des Affaires étrangères) ont commenté l’évolution récente des relations politiques entre les Pays-Bas et la France. Le ministère a remarqué une augmentation du succès des partis populistes en Europe et leur forte influence sur le discours politique. Selon ces intervenants, les relations entre les Pays-Bas et la France se sont améliorées depuis l’entrée en fonction d’ Emmanuel Macron. Toutefois, les Pays-Bas ne sont pas conçus comme un allié fort et important par la France.

Ensuite, le journaliste Olivier van Beemen a présenté ses perspectives sur la relation entre la France et les Pays-Bas. Il a salué l’amélioration des rapports politiques entre les deux pays. Puis il a mis en doute l’efficacité de la violence employée par le mouvement des gilets jaunes. Selon M. Van Beemen, à cause de la violence le point de vue politique risque d’être négligé.

La conférence s’est terminée par une table ronde dans laquelle quelques-uns des thèmes de la conférence ont été abordés plus en détail.

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