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Un vidéopoème : «Global Underground» d'Annemarie Estor
Série: Poésie vivante

Un vidéopoème : «Global Underground» d'Annemarie Estor

Ons Erfdeel vzw et Poëziecentrum (Gand) ont lancé un appel aux jeunes fans de poésie des Plats Pays pour qu'ils leur envoient des poèmes en néerlandais qu'ils aimeraient voir mis en images. Bob van den Berg (° 1991, Eede) a réalisé un vidéopoème d'après Global Underground, un poème d'Annemarie Estor. Global Underground est extrait de Niemandslandnacht, recueil publié par la Wereldbibliotheek en 2003.

Global Underground


Je suis partie.
Par-delà la rue de l’Ecorcheur,
par-delà le Pont brûlé Nord.

Quelque part j’entendais des tatoueurs tatouer.
Je voyais un homme aux lunettes de soleil dans une boîte de nuit.
Je voyais un homme vomir une bouche pleine de flocons blancs.
Je voyais les maîtres harceleurs.
Je voyais des femmes pénibles aux chaussures bon marché.
Je voyais des gens aux liquides amassés sous les yeux.
Je voyais un remplisseur de rayons au regard de voleur à l’étalage.

Et je voyais une fête.
Je voyais un festin festoyant et tonitruant.

Un garçon souriant à la mèche rebelle
m’emmena dans l’underground
où boules à facettes, cocktails,
jurons de bâtards et flashs épileptiques,
jeunes gens et colombes s’éclataient
dans des étourderies débridées:
les garces les plus frivoles, les sacripants les plus fantastiques,
pubis contre braguettes,
colonnes vertébrales se désarticulant,
cheveux en bataille, cela twistait bestialement
les petits seins dans le caraco, des couples s’entortillaient
comme des lianes et des reines blondies
s’agglutinaient autour de canons à muscles
dans leurs bretelles spaghetti qui se déchiraient,
attrapaient des taches laiteuses sur leur cou nu
leurs bouches de fumeuses et leurs yeux embués d’alcool
étaient avides d’adulateurs et de coolers,
et ma cornée se déchiquetait
et tout ce que je croyais savoir tourbillonnait
comme une masse grouillante de gigabytes,
de micropuces et de lucioles
à travers les fenêtres rudement ouvertes de mon cerveau,
et maintenant je savais avec certitude:
chaque fois que je croyais vivre à Orb
je me heurtais à Orb.
Et Grout n’est pas Grout,
c’est le c’est le toit du Global Underground,
ce sont les cachots où se multiplient
les connexions,
les horloges temps réel en overdrive,
où se prépare une Nouvelle Venue!

Global Underground


Ik ben gegaan.
Voorbij de Villersstraat,
voorbij de Verbrande Brug Noord.

Ergens hoorde ik tatoeëerders tatoeëren.
Ik zag een man met een zonnebril in een nachtclub.
Ik zag een man een mond vol witte vlokken kotsen.
Ik zag de pestmeesters.
Ik zag pijnlijke vrouwen op goedkope schoenen.
Ik zag mensen met opgehoopte vochten onder hun ogen.
Ik zag een vakkenvuller met een winkeldievenblik.

En ik zag feest.
Ik zag een fuivig en druizig festijn.

Een jongen met een kuif en een smile
nam me mee underground
waar glitterbollen, cocktails,
basterdvloeken en epileptische flitsers
jonkheden en speelduiven tot vernooide
onbesuistigheden explodeerden:
de wuftste teven, de meest fantastische loeriassen,
hun schaambenen gingen tegen gulpen,
wervelkolommen werden losgewerkt,
haardossen gevierd, er werd beestig getwist
met tietjes in topjes, koppels klommen in mekaar op
als langs lianen en geblondeerde koninginnen
dromden dwarsdrijvend rond spierkanonnen
in hun scheurende spaghettibandjes, ze kregen
maanvlekken op hun blote halzen,
hun rookmonden en brute dronkogen
dorstten naar fans en coolers,
en mijn hoornvlies barstte los
en al wat ik dacht te weten tolde
als een wemelende meute gigabytes,
microchips en glimwormen
door mijn ruw geopende breinvensters,
en nu wist ik zeker:
telkens als ik meende te leven in Orb
stuitte ik op Orb.
En Grout is geen Grout,
het is het is het dak van de Global Underground,
het zijn de kerkers waar connecties zich vermenigvuldigen,
de real-time clocks in overdrive,
waar een Nieuwe Komst wordt voorbereid!

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